Mairie de Landivisiau
LE PATRIMOINE LANDIVISIEN
Dans son livre Par les champs et les grèves, Gustave Flaubert a eu cette phrase assassine sur Landivisiau : « même l’homme le plus prolixe est forcé d’être concis quand la matière manque ». Pourtant, contrairement à ce que dit Flaubert, à Landivisiau la matière ne manque pas. Et bien que fondus dans le paysage urbain, plusieurs témoins du patrimoine landivisien sont encore présents pour rappeler que la capitale léonarde à un riche passé.
C’est à la fin du Vème siècle que remontent les origines du nom LANDIVISIAU. En effet, comme beaucoup des LAN des environs, la commune doit son nom à l’établissement sur son territoire de l’ermitage* de son saint patron et moine fondateur : Saint Thiviziau.LANTIVIZIOMonastère préfixe affectueuxprénom du saint fondateur.
Le nom Landeviziau apparaît officiellement pour la première fois en 1232, puis devient officiellement Landivisiau en 1309. Simple trêve de Plougourvest jusqu’en 1792, Landivisiau idéalement placé au carrefour de plusieurs voies de communication s’affirme rapidement comme l’une des principales villes du Léon .Dans un premier temps grâce à l’industrie linière puis grâce à l’industrie de la tannerie.
Ses foires et marchés se développent rapidement et un plan d’urbanisme devenu nécessaire voit un réaménagement complet du centre ville au cours du XIXème siècle : arasement de maisons, destruction de l’enclos paroissial jouxtant l’église et déplacement du cimetière et de l’ossuaire pour permettre la création d’une place du marché et de halles.
Mais la ville est surtout connue par le commerce du cheval et ses foires qui attiraient au siècle dernier des acheteurs venus de l’Europe entière.
* lann en breton
FONTAINE ST THIVISIAU Age du fer et XVIème siècle,Granit et Kersantite
L’origine de cette fontaine remonte à l’âge du fer ( -700 à l’an 0) puisque des fouilles archéologiques réalisées en 1985 ont mis à jour sur le site l’existence d’un Lech, stèle tronconique, qui dans les temps anciens signalait la présence d’un lieu sacré. Cette fontaine était donc probablement votive lors de la préhistoire. Avec l’apparition du christianisme cette fontaine est devenue celle de Saint Thiviziau, saint patron de la ville.
Elle se présente aujourd’hui sous forme de panneaux de Kersantite de style flamboyant ornant sa partie supérieure. On peut notamment y distinguer : plusieurs religieux en prière, un ange portant la couronne d’épine, la Sainte Trinité et un ange portant un écusson.
Ces panneaux ornaient à l’origine les parties latérales d’un gisant aujourd’hui démantelé qui se trouvait dans le chœur de l’ancienne église paroissiale détruite et reconstruite au XIXème siècle : le gisant du seigneur de Tournemine, Sieur de Coat-Meur, commanditaire en 1554 de la première église de Landivisiau.
LE PORCHE DE L’EGLISE ST THURIAU XVIème siècle, Granit et Kersantite.
L’église actuelle, qui date de 1865, a remplacé l’ancien édifice du XVIème siècle qui menaçait de s’effondrer. De l’ancienne église, il ne reste que le porche et le clocher.
Ce porche est l’un des plus beau et des plus grand de la vallée de l’Elorn. C’est une sorte de trait d’union entre deux styles, le gothique et le renaissant, ce qui en fait une œuvre charnière marquant la fin d’une époque et le début d’un style nouveau.
Ce porche n’a pas été construit d’un seul tenant. En effet, on peut distinguer 4 campagnes de travaux :
•1554 : portail en plein air,
•1554/1559 : piles latérales et grandes arcades,
•1559/1565 : voûte et murs latéraux,
•une phase d’achèvement non datée qui voit la clôture des travaux sur les pignons et le lanternon.
A l’intérieur comme à l’extérieur de ce porche, pas un centimètre carré de pierre n’échappe à la sculpture où se mêlent des thèmes chrétiens comme le Christ accueillant les fidèles et des thèmes profanes : animaux étranges cachés dans la pampre de vigne.
Les parois latérales accueillent le décor le plus monumental du porche : la galerie des apôtres. On peut notamment reconnaître :
•St Pierre et sa clé,
•St Jacques de Compostelle et son bâton de pèlerin,
•St Jean au visage imberbe,
•Saint André avec la croix de son martyre.
L’église primitive faisait autrefois partie d’un ensemble architectural appelé enclos paroissial comme on peut encore en voir à Lampaul-Guimiliau ou Saint Thégonnec. Il ne reste à Landivisiau aucune trace de cette ancienne disposition. Seul l’ancien ossuaire, déplacé pierre par pierre dans le nouveau cimetière et devenu chapelle Sainte Anne, rappelle ce riche passé architectural.
LES ORGUES 1885, Bois et fer.Classés « monument historique ».
Les orgues de l’église font partie intégrante du patrimoine de la ville au même titre que des bâtiments tels que la fontaine ou le porche.L’instrument actuel, du plus pur style orchestral-romantique-gambé du XIXème siècle, est sorti en 1885 des ateliers de la maison Clauss de Rennes. La belle tribune flamboyante est l’œuvre des maîtres sculpteurs Pondaven et Derrien de Saint Pol de Léon.
Cet orgue a été solennellement béni le 6 septembre 1885.Restauré une première fois en 1939, cet orgue avec ses vingt-cinq jeux actuels, permet a un organiste d’interpréter sur ses claviers la presque totalité du répertoire ancien et moderne.
Sur la période 2006-2009, un nouveau programme de restauration a été engagé pour une réhabilitation complète de l'instrument.
LA CHAPELLE SAINTE ANNE XVIIème siècle, granit.
A l’origine cette chapelle n’était autre que l’ossuaire qui prenait place contre le mur d’enclos entourant l’ancien cimetière qui jouxtait l’église.
Mais en 1827, pour des questions de salubrité publique et d’agrandissement du centre, le cimetière est déplacé en périphérie de la ville.Une question se pose alors : que va devenir l’ossuaire ? Faisant partie intégrante du cimetière qui va être déplacé, il n’a plus aucune raison d’être en centre ville.
En 1858, l’ossuaire quitte donc l’enclos pour laisser sa place à un espace destiné aux foires. Mais il ne sera pas détruit ; il sera déplacé pierre par pierre pour occuper une place centrale dans le nouveau cimetière et deviendra chapelle Sainte Anne.
La reconstruction pierre par pierre de l’édifice est une décision rare pour l’époque qui a permis de préserver un témoignage architectural important sur la renaissance dans le Léon.
Aucune date de construction n’est inscrite sur la chapelle. Mais d’après le style et l’iconographie totalement renaissante, on peut supposer que ce bâtiment date du début du XVIIème siècle. Cet édifice se singularise par ses cariatides*, personnages gainés représentés entre les ouvertures de façade. Chacune d’elle représente un personnage différent pour bien montrer l’égalité des hommes et des femmes devant la mort.
La troisième cariatide est assez rare puisqu’il s’agit de l’Ankou, la personnification de la mort chez les bretons. Il est représenté avec un visage de squelette et tient dans ses bras croisés ses attributs, flèche et tibia. Une inscription très révélatrice est gravée sur le socle de la cariatide :0U : CA : JE : SUIS : LE : PARRAIN : DE : CELUI : QUI : FERA : FIN.
Dans le traitement des motifs architecturaux on peut noter des similitudes stylistiques avec les décorations renaissantes du château de Kerjean et l’église de Lanhouarneau.
* Cariatides : personnages sculptés représentés en buste pour la partie supérieure et gainés pour le bas du corps.
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